Goto main content
 
 

« Autonomiser les femmes pour mettre fin aux violences »

Droits
Sénégal

Je m’appelle Awa Siré Touré, j’ai 59 ans et je vis à Ziguinchor, au Sénégal. Je suis handicapée depuis 20 ans maintenant. Avec le soutien de HI, je me bats pour l’autonomisation des femmes handicapées.

Awa Siré Touré pendant l’atelier genre et handicap à Saly, Sénégal, en février 2022.

Awa Siré Touré pendant l’atelier genre et handicap à Saly, Sénégal, en février 2022. | © Fran6Concept / HI


 

Ma fierté : écouter les femmes et les aider

Petite déjà, j’étais sensibilisée à la question du handicap, car j’avais une amie handicapée. Quand j’ai eu mon problème de jambes, je suis moi-même entrée dans le groupe des femmes handicapées. C’est à ce moment que je me suis véritablement engagée, en vivant avec les autres femmes handicapées, en voyant leur douleur, en écoutant leurs paroles. Je suis secrétaire générale adjointe dans l’association La brigade de conscientisation, qui lutte contre les violences faites aux femmes à Ziguinchor et dont HI est partenaire. Les femmes viennent nous voir et nous les aidons à régler leurs problèmes. 

J’essaye de changer les choses, de faire en sorte que ces femmes soient autonomes. Quand je vois une femme qui en a besoin, je suis là pour la former et pour l’aider.

Mon quotidien, c’est de faire des savons et des huiles et j’ai formé beaucoup de femmes à ces activités-là. Je leur ai montré comment extraire de l’huile de coco, faire des savons et comment les vendre pour gagner leur propre argent. Avant, beaucoup de femmes handicapées nous expliquaient que lorsqu’elles avaient besoin de quelque chose, elles se tournaient vers des hommes. En général, ils leur demandaient des faveurs sexuelles en échange de quelques miettes… Ça m’a fait tellement mal d’apprendre cela, que je me suis dit qu’il fallait que cela cesse. C’est pour cela qu’on accompagne l’autonomisation de ces femmes, afin qu’elles gagnent elles-mêmes de l’argent et reprennent la maîtrise de leur vie.

Aujourd’hui encore, je reçois de nombreuses demandes de femmes handicapées et non-handicapées qui ont besoin d’aide. Je suis toujours présente pour les accompagner.

Donner aux femmes le courage de se défendre

Il y a eu des moments où les femmes handicapées étaient vraiment ignorées. Grâce à leur autonomisation, elles ont maintenant les moyens pour oser dire non et refuser ce qu’on leur impose. Aujourd’hui, il y a des femmes handicapées qui, quand on leur fait du mal, osent crier pour que l’opinion publique soit alertée.

Tout ça, c’est grâce au plaidoyer que nous menons auprès des autorités et à des actions de sensibilisation. On explique que les femmes handicapées doivent avoir une voix dans les instances de décision, qu’elles ont le droit à la parole.

Il faut donner du courage aux femmes handicapées, les former pour qu’elles sachent se défendre dans la société. C’est à travers les formations et beaucoup de sensibilisation qu’on y arrivera. Grâce aux actions de sensibilisation, on a réussi à montrer aux filles handicapées qu’elles sont des personnes à part entière et à leur insuffler le courage de se défendre.

Moi, j’ai dépassé mon handicap. Je me dis que ce n’est pas un obstacle, c’est juste un handicap.

Que chacun aide son prochain

Des obstacles, on en rencontre tous les jours, par exemple dans la lutte contre l’excision. Jusqu’à présent, quand nous nous tournions vers nos mères pour obtenir de l’aide, on avait des problèmes. Elles nous reprochaient de vouloir aller à l’encontre de la tradition et de la culture. Et ça, ce n’est pas normal. 

Ces obstacles nous fatiguent, nous ralentissent… Mais on est toujours là et on lutte !

Et grâce à cela, les choses évoluent. Avant, les femmes handicapées ne voulaient pas se marier, parce qu’elles avaient peur que les belles-familles les traitent mal. Mais aujourd’hui, je vois les femmes handicapées s’engager dans le mariage ou se lancer dans la parentalité – et elles se fichent des belles-familles ! Elles viennent, elles s’engagent et elles font comme tout le monde.

Ensemble, accompagnons les femmes handicapées

HI a toujours accompagné les femmes handicapées, surtout ici à Ziguinchor. Pour l’appareillage par exemple : pour leur permettre de se déplacer de nouveau et de mener leur activité. HI nous avait mis en rapport avec l’hôpital régional, et beaucoup de femmes handicapées ont été appareillées. On souhaite que l’organisation continue son soutien et l’accompagnement des femmes handicapées, via des formations par exemple.

Ici, en Casamance, on vit dans une zone de combats. Ces combats ont duré longtemps et ont fait beaucoup de victimes. Des femmes ont été violées dans leurs champs ou mutilées après avoir sauté sur des mines… Je demande aux gens qui font du mal d’arrêter. Pour que, enfin, les femmes vivent en paix.

Levons-nous toutes pour combattre la maltraitance, et cherchons des hommes positifs pour nous accompagner dans notre combat. Je dis « Non ! » aux violences faites aux femmes, et particulièrement aux femmes handicapées.

Nos actions
pays
par pays

RELATIONS PRESSE

CANADA

Gabriel PERRIAU

ÉTATS-UNIS

Mica BEVINGTON

 

 

Aidez-les
concrètement

Pour aller plus loin

8 mars : les femmes prennent la parole
© Fran6Concept / HI - Rem Dia Lo / HI - Handicap International
Droits

8 mars : les femmes prennent la parole

À l'occasion de la Journée internationale des droits des femmes le 8 mars, HI vous propose de découvrir les témoignages de six femmes, cinq au Sénégal et une au Laos.

« Que toutes les femmes handicapées sachent dire non quand il le faut »
© Rem Dia Lo / HI
Droits

« Que toutes les femmes handicapées sachent dire non quand il le faut »

Je suis Dieynaba Diallo, j’ai 53 ans et je suis Sénégalaise. Je suis une femme handicapée motrice, coordinatrice de l’antenne de Thiès de l’association pan-africaine Women in law and development in Africa, partenaire de HI.

« Transmettre mes connaissances et assurer la relève par la jeune génération »
© Fran6Concept / HI
Droits

« Transmettre mes connaissances et assurer la relève par la jeune génération »

Je suis Fama Ka, mairesse de Mbour, au Sénégal. Atteinte de cécité à l’âge de 13 ans, j’en ai aujourd’hui 54. Je représente les femmes handicapées dans les organisations de personnes handicapées aux niveaux national et régional.