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« L’impossible n’est pas Oumou »

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Sénégal

Je suis Oumou Khayri Diop, j’ai 27 ans et j’habite au Sénégal. Je suis la secrétaire générale de l’Association Handicap Form Educ, partenaire de HI. Je suis une porteuse de voix : je dénonce les problèmes et mène haut le plaidoyer des femmes handicapées.

Oumou Khayri Diop pendant l’atelier genre et handicap à Saly, Sénégal, en février 2022.

Oumou Khayri Diop pendant l’atelier genre et handicap à Saly, Sénégal, en février 2022. | © Fran6Concept / HI


 

J’étais une brillante élève

Oumou Khayri DiopJ’ai eu une enfance difficile car j’ai perdu l’usage de mes jambes à l’âge de 10 ans, suite à une maladie qui a complètement changé ma vie. Il n’a pas été facile de m’adapter à ma nouvelle vie et le changement a été rude à surmonter. Heureusement, mes parents ne m’ont pas laissée tomber : ils ont fait tout leur possible pour me revoir marcher un jour.

J’ai failli arrêter mes études, mais grâce à l’aide de mes parents, de mes amis et de mes professeurs, j’ai trouvé la motivation de continuer. J’étais une brillante élève, toujours la première de ma classe. J’ai ensuite été orientée dans un lycée, où les cours avaient lieu à l’étage… et l’accessibilité n’était pas bonne.

Pour me permettre de continuer mes études, mes parents m’ont inscrite dans un lycée privé. Chaque jour, il a fallu que je parcours des kilomètres avec mon fauteuil pour aller à l’école.

Un an après, j’ai perdu ma mère et ça a été un choc très dur pour moi. Ce sont ses paroles de réconfort, ses conseils et son amour, qui m’ont motivée et m’ont poussée à continuer mes études. J’ai obtenu mon baccalauréat et j’ai suivi plusieurs formations. Aujourd’hui, je suis comptable et commerçante, également diplômée en gestion de projets, en électronique et réparation de téléphones portables et en bureautique.

L’engagement chevillé au corps

Je suis jeune et handicapée. Or, nous les femmes handicapées, on subit plus de violences que les autres femmes, pourtant les gens nous oublient. J’ai donc décidé de m’engager pour porter ce combat.

J’évolue dans plusieurs associations, comme l’Association Handicap Form Educ, partenaire de HI, dont je suis la secrétaire générale ou l’association des femmes de mon quartier, dont je suis la présidente.

Je suis aussi la trésorière d’un groupe de jeunes leaders, que j’ai créé suite à une formation à laquelle j’ai participé à Dakar et dont j’avais envie de partager les enseignements. Avec une amie handicapée visuelle, notre premier objectif était de recenser tous les jeunes handicapés du Sénégal, ayant tout type de handicap : aujourd’hui, nous sommes plus de 100 dans ce groupe.

Les choses ont changé car nous sommes conscientes et motivées

Pour que les choses bougent, il faut changer les mentalités, éliminer certaines coutumes et arrêter de discriminer. Ici, les hommes ont plus de pouvoir que les femmes. Pour eux, la place des femmes est à la maison, elles doivent s’occuper des enfants, faire la cuisine et le ménage. Les décisions importantes reviennent toujours aux hommes, au sein du foyer comme dans le monde professionnel.

Heureusement, les choses ont bien changé : dans le passé, on n’osait pas porter certains combats, comme celui contre les violences basées sur le genre. On n’osait pas sortir dans les médias pour dénoncer les problèmes, candidater à certains postes, étudier jusqu’à un certain niveau ou encore voyager. Maintenant, on voit des femmes diplômées qui occupent des postes très importants. Il y a des émissions dans les médias, animées par des femmes et qui dénoncent publiquement certains problèmes. Les femmes voyagent partout dans le monde, créent des emplois, sont conseillères, députées, etc.

Je vois des femmes très engagées, motivées. Elles portent des combats, créent des groupements pour développer leur activité et s’organisent pour être formées.

Il faut continuer la sensibilisation, proposer des émissions à la radio et à la télévision, animer des causeries dans les écoles, dans les quartiers, dans des rencontres de femmes et, pourquoi pas, des rencontres d’hommes.

On a de beaux projets : aidez-nous à les réaliser !

On attend de nos partenaires qu’ils nous soutiennent durablement. Nous souhaitons que HI nous accompagne dans nos projets, par des formations, des créations d’emplois – tout ce qui nous permettra d’améliorer notre vie. On a des projets très importants, mais les moyens nous manquent pour les exécuter. Il faut aussi que HI porte nos voix, dans les endroits où on ne peut pas nous entendre.

HI doit aussi aller dans les villages très éloignés du Sénégal, les plus isolés, pour aider les femmes handicapées qui manquent de moyens et d’outils de communication. Ce sont des femmes très engagées, des battantes, des femmes qui veulent montrer ce qu’elles ont à l’intérieur.

Croyez-en vous et allons de l’avant

A toutes les femmes, je lance le message suivant : croyez-en vous ! Nous sommes des mères, des sœurs, et le monde ne peut pas se développer sans nous. Serrons-nous la main, dénonçons toute injustice qui peut nous freiner dans la vie. Que chacune d’entre nous se dise que le changement est entre ses propres mains. On n’a pas le droit de se laisser couler. On doit dénoncer les injustices par tous les moyens. Si on crée cette dynamique, alors on sera portées par une nouvelle mentalité et je crois que le combat sera plus facile pour nous toutes.

Nous, les femmes handicapées, nous sommes la voix des mères, des femmes, des personnes handicapées, des citoyennes – nous sommes la voix leader.

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Je suis Dieynaba Diallo, j’ai 53 ans et je suis Sénégalaise. Je suis une femme handicapée motrice, coordinatrice de l’antenne de Thiès de l’association pan-africaine Women in law and development in Africa, partenaire de HI.