Go to main content

7 ans après leur interdiction, les bombes à sous-munitions sont toujours utilisées

Le 1er août 2017 marque le 7ème anniversaire de l’entrée en vigueur de la Convention d’Oslo qui interdit l’utilisation, la production, le stockage et le transfert des bombes à sous-munitions. Malgré l’indéniable succès de cette Convention qui compte 119 pays signataires, les armes à sous munitions sont toujours utilisées de façon intensive et répétée au Yémen et en Syrie.

Une sous-munition trouvée par les équipes de Handicap International au Laos. | © Damien Kremer / Handicap International

Selon le Rapport 2016 de l’Observatoire des armes à sous-munitions, des armes à sous-munitions ont été utilisées de façon répétée en Syrie et au Yémen[1] : 76 attaques utilisant des sous-munitions ont été recensées entre septembre 2015 et juillet 2016 en Syrie, un bilan très probablement en dessous de la réalité. Au Yémen, au moins 19 attaques ont eu lieu entre avril 2015 et février 2016. Des armes à sous-munitions ont également été utilisées au Soudan et en Ukraine jusqu’à début 2015.

Larguées par voie aérienne ou tirées depuis le sol, les bombes à sous-munitions sont conçues pour s’ouvrir en l’air, libérant les sous-munitions sur une zone équivalant jusqu’à plusieurs terrains de football. Elles ne font pas de distinction entre les civils et les combattants. Selon le Rapport 2016 de l’Observatoire des armes à sous-munitions, 97 % des victimes recensées de ces armes sont des civils. Jusqu’à 40 % des sous-munitions n’explosent pas à l’impact et constituent de fait une menace pour les civils parfois des dizaines d’années après un conflit, perturbant la vie sociale et économique des zones polluées.

Vers l’universalisation de la Convention

Malgré ce triste constat, l’universalisation de la Convention d’interdiction a connu en 7 ans un progrès indéniable. La Convention compte désormais 119 pays membres, dont 102 États parties, ce qui en fait un instrument efficace contre ces armes [2]. De plus en plus d’États expriment des condamnations officielles quand ces armes barbares sont utilisées.

Leur éradication marque également des progrès notables : depuis l’entrée en vigueur de la Convention, 29 États parties ont détruit 1,4 million d’armes à sous-munitions, soit 93 % des armes à sous-munitions déclarées comme stockées par les États parties. 8 États ont finalisé le déminage de leurs zones contaminées par des sous-munitions depuis que la Convention d’Oslo est entrée en vigueur en 2010.

 

[1] http://www.the-monitor.org/media/2394895/Cluster-Munition-Monitor-2016-Web.pdf

[2] Du 4 au 6 septembre 2016, Genève accueillera la 7ème conférence de la Convention d’Oslo, lors de laquelle chaque État partie rendra compte de l’application de ses obligations dans le cadre de la Convention, notamment en matière de destruction des stocks, de déminage et d’assistance aux victimes. Cette conférence doit également être l’occasion pour les États parties de réaffirmer leur engagement pour l’universalisation de la Convention et de condamner unanimement toute nouvelle utilisation d’armes à sous-munitions.

 

 

Nos actions
pays
par pays

RELATIONS PRESSE

CANADA

Gabriel PERRIAU

ÉTATS-UNIS

Mica BEVINGTON

 

 

Aidez-les
concrètement

Pour aller plus loin

Séisme Népal : Nirmala et Khendo inséparables
© Elise cartuyvels/HI

Séisme Népal : Nirmala et Khendo inséparables

Le 25 avril 2015, un violent tremblement de terre secoue le Népal. À des centaines de kilomètres l’une de l’autre, Nirmala et Khendo sont ensevelies sous les décombres. Elles sont emmenées à l’hôpital et sont amputées d’une jambe. Elles s’y rencontrent, suivent de nombreuses séances de réadaptation avec les physiothérapeutes de HI et réapprennent à marcher. Trois ans plus tard, elles sont devenues inséparables, vont à l’école ensemble, et rêvent de danser.

Est de l’Éthiopie, la crise oubliée
© HI

Est de l’Éthiopie, la crise oubliée

Les régions pastorales d’Oromia et de Somali, au Sud et à l’Est de l’Éthiopie, sont en proie à de graves violences inter-ethniques. Depuis septembre dernier, plus d’un million de personnes ont dû fuir leurs villages et se retrouvent déplacées dans des centaines de lieux d’accueil. HI intervient pour protéger les plus vulnérables, en premier lieu les femmes et les enfants. Fabrice Vandeputte, chef de mission HI en Ethiopie, explique l’origine de cette crise et la réponse apportée par l’association.

Une augmentation effrayante du nombre de victimes des armes explosives
(c) E. Fourt/HI

Une augmentation effrayante du nombre de victimes des armes explosives

À l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre les mines, HI s’alarme de l’augmentation effrayante du nombre de civils victimes des armes explosives : 32 008 civils ont été tués ou blessés par des armes explosives en 2016 (sur un total de 45 624 victimes), selon Action on Armed Violence (AOAV). Le bilan s’annonce encore plus lourd pour 2017, sachant que les civils représentent 90 % des victimes des armes explosives quand elles ont utilisées en zones peuplées. L’Observatoire des mines a enregistré une augmentation spectaculaire des victimes de mines et restes explosifs de guerre ces trois dernières années. La Syrie, l’Afghanistan, la Libye, l’Ukraine et le Yémen sont parmi les principaux pays touchés.