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De l’éducation en langues des signes à l’amitié – l’histoire de Moussifa

Insertion
Togo

Moussifa est née en 2007 – longtemps privée de scolarité primaire du fait de son handicap auditif et de la situation difficile de sa famille, elle a finalement pu s’inscrire à l’école grâce aux efforts de Handicap International auprès des autorités scolaires togolaises. Elle est aujourd’hui en deuxième année d’école primaire… dans une classe (presque) comme les autres.

Moussifa, 9 ans (au centre), assiste aux cours de français dans sa classe de CE1

Moussifa, 9 ans (au centre), assiste aux cours de français dans sa classe de CE1 | © Studio Cabrelli / Handicap International

Debout devant la classe, Moussifa récite patiemment les mots inscrits à la craie sur le tableau noir, des mots familiers pour tous les enfants qui apprennent à lire : « Ce matin, Aliou va à l’école. Il a dans son sac : un bic, un cahier, une craie, une ardoise, un crayon et un livre. Sa maman est contente. »
Aucun mot ne sort de la bouche de Moussifa. Ses mains font des gestes précis et rapides et lorsqu’elle s’arrête de signer, tous les enfants de la classe agitent leurs mains en l’air pour la féliciter. Malentendante de naissance, Moussifa a appris la langue des signes à l’école primaire de Kara Centrale (dans la ville de Kara, au Nord du Togo) avec l’ensemble de ses camarades de classe.
« Pour que Moussifa puisse aller dans une école avec les autres enfants, il fallait qu’elle puisse être comprise par tous » explique Tidénèbè Tagba, l’institutrice de la classe de CE1. « Toute l’équipe pédagogique de l’école a appris la langue des signes ainsi que les élèves. »

A KARA, LA DIFFICILE INTEGRATION DES ENFANTS HANDICAPES
Si l’école de Kara Centrale fait aujourd’hui figure de modèle au Togo pour l’intégration des enfants handicapés, cela n’a pas toujours été le cas selon Bénédicte Laré, en charge des projets d’éducation inclusive menés par Handicap International dans les régions de Kara et Dapaong.
« Dans la région de Kara, la grande majorité des enfants handicapés ont difficilement accès à l’éducation, constate-t-elle. Cela est dû à la résistance des parents, au refus des équipes pédagogiques de les accueillir dans les écoles ordinaires, à l’inaccessibilité des infrastructures scolaires, aux distances à parcourir, à la pauvreté des parents... »
Moussifa n’a pu intégrer l’école primaire qu’à l’âge de 7 ans. En plus de son handicap auditif, elle est issue d’un milieu très défavorisé : orpheline de père, elle vit aujourd’hui chez une amie de sa famille qui n’avait pas les moyens d’assurer son inscription à l’école de Kara Centrale.

DES AVANCEES POUR L’EDUCATION DE TOUS LES ENFANTS
Pour Bénédicte Laré, Moussifa est un cas représentatif de la scolarisation des enfants handicapés au  Togo et des avancées possibles pour améliorer leur intégration.
« Moussifa a essuyé de nombreux refus quand il s’est agi de l’inscrire à l’école primaire. Le personnel pédagogique était très réticent, du fait de son handicap et du manque de moyens de sa famille, raconte-t-elle. Le réflexe de l’encadrement était de l’orienter vers une école spécialisée, ce qui risquait de l’exclure davantage. »
« Handicap International a mené un travail de fond pour la sensibilisation et de formation des équipes pédagogiques des écoles dans trois régions du Togo… cela a notamment abouti à l’apprentissage de la langue des signes par les élèves et les enseignants de l’école primaire Kara Centrale. »
En parallèle, l’association a mis en place un réseau d’enseignants itinérants spécifiquement formés au handicap pour faciliter le maintien et la réussite scolaire des enfants handicapés, en coordination avec les associations locales de personnes handicapées.
Au cours de l’année 2015, 250 écoles primaires togolaises ont ainsi été soutenues dans le cadre du par Handicap International, contribuant ainsi à l’amélioration de la scolarisation de plus de 1 000 enfants handicapés, dont Moussifa.
Aujourd’hui, l’intégration de cette dernière est un succès. En plus d’obtenir de bonnes notes, Moussifa joue de plus en plus avec ses amies de l’école. Ce qui a eu des effets inattendus, selon Bénédicte Laré :
« Depuis qu’elles ont appris la langue des signes, les filles de l’école peuvent communiquer sans que leurs parents ne les comprennent ! »

 


Au Togo, les activités d’éducation inclusive de Handicap International sont menées dans le cadre du projet régional APPHEL (Agir pour la pleine participation des enfants handicapés par l’éducation) qui bénéficie notamment du soutien de l’Agence française de Développement.

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