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Égalité des droits pour les personnes handicapées

Insertion

La Convention relative aux droits des personnes handicapées fête ses dix ans. Priscille Geiser, responsable du pôle Appui à la société civile à Handicap International, revient sur cette Convention, sa raison d’être et les avancées majeures qu’elle a permises pour les personnes handicapées.

Priscille Geiser, responsable du pôle Appui à la société civile à Handicap International.

Priscille Geiser, responsable du pôle Appui à la société civile à Handicap International. | © Laurence Pozet / Handicap International

Le 13 décembre seront célébrés les dix ans de la Convention relative aux droits des personnes handicapées, en quoi consiste cette Convention ?

Priscille Geiser : La Convention est un traité des droits de l’Homme adopté le 13 décembre 2016 par les Nations unies. Elle rappelle que les personnes handicapées sont des sujets de plein droit comme les autres. Cette Convention ne crée pas en soi de droits nouveaux mais souligne que les droits de l’Homme sont universels et donc s’appliquent également aux personnes handicapées.

Pourquoi avait-on besoin d’une telle Convention ?

Elle était nécessaire à cause des fortes discriminations et inégalités dont étaient et sont toujours victimes les personnes handicapées. Ces discriminations sont très nombreuses : dans l’accès aux services publics, aux transports ou à l’information, par exemple. Comment prendre le bus en fauteuil roulant ? Comment participer à une élection quand je suis sourd ou aveugle et qu’aucun document d’information n’est accessible ? Les personnes handicapées se retrouvent dans des situations d’exclusion qui les empêchent de participer à de multiples activités de la vie sociale.

Qu’apporte concrètement cette Convention ?

Il s’agit du premier texte sur les personnes handicapées légalement contraignant pour les États signataires. La Convention oblige les Etats qui l’ont rejoint à prendre des mesures pour combattre les discriminations. Elle apporte également une nouvelle vision du handicap : on reconnaît que c’est la société qui crée des barrières à la participation des personnes handicapées. Et non que c’est la personne handicapée qui a un problème. Cette Convention appelle à célébrer la diversité humaine et incite les sociétés à s’organiser différemment, pour que chacun puisse participer et jouir pleinement de ses libertés et droits fondamentaux. La Convention a été une avancée majeure pour la défense des droits des personnes handicapées.

Où en est cette Convention aujourd’hui ?

Elle a été ratifiée par 168 États, soit les trois-quarts des États dans le monde. C’est une réussite, une véritable reconnaissance de l’importance de combat. Maintenant il faut passer à la pratique, à la mise en œuvre concrète de la Convention… Handicap International reçoit beaucoup de demandes comme : « Aidez-nous à former la police et la justice pour recevoir des témoignages de personnes handicapées », « Comment peut-on mettre en place un système d’éducation inclusive dans des contextes où les ressources sont limitées ? », etc. On se rend compte que les mentalités sur le handicap ont considérablement changé en dix ans. Maintenant il faut que cela se traduise dans la vie quotidienne des personnes handicapées. C’est ce à quoi nous nous employons avec de nombreuses associations locales de défenses des droits des personnes handicapées.

Certaines personnes handicapées sont-elles plus discriminées que d’autres ?

Oui. Par exemple, les personnes qui ont un handicap psycho-social sont souvent plus exclues car on leur dénie leur capacité à décider pour elles-mêmes, dans la justice, dans la santé, etc. Elles n’ont souvent pas recours à la justice pour lutter contre les discriminations qu’elles subissent parce que ces personnes ne sont pas considérées comme des citoyens à part entière. On ne les écoute tout simplement pas.

On a aussi tendance à sous-estimer le caractère cumulatif des discriminations. Par exemple, quand on est une femme handicapée, les discriminations s’additionnent : il est fréquent que des femmes handicapées enceintes se voient ainsi refuser des soins maternels, ou que des jeunes filles sourdes soient abusées sexuellement car, du fait de leur handicap, on ne prend pas leur témoignage.

Un des principaux points de blocage à l’inclusion des personnes handicapées reste bien souvent l’adaptabilité des services publics. En existe-t-il d’autres aujourd’hui ?

Oui, les personnes handicapées sont encore trop souvent écartées des instances de décision, par exemple, réunions de quartier, village, etc., et ne peuvent pas prendre part à des décisions qui les concernent directement. La participation des personnes handicapées à la vie électorale, par exemple, est un vrai enjeu.

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[1] IMMAP est une ONG internationale qui fournit des services professionnels de gestion de l’information aux organisations humanitaires et de développement via la collecte, l’analyse et la représentation visuelle de données leur permettant de prendre des décisions éclairées dans le but ultime de fournir une assistance ciblée de grande qualité aux populations les plus vulnérables au monde.

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[1] IOM = International Organization for Migration