Goto main content

Entrevue avec Laurie Druelle, Responsable des partenariats pour la Réduction de la Violence Armée

Mines et autres armes
Irak

Laurie Druelle est Responsable des partenariats pour la Réduction de la Violence Armée. Ayant rejoint HI en mars 2019, Laurie supervise depuis lors les activités d'éducation aux risques au Moyen-Orient et en Asie du Sud-Est. Fraîchement revenue d'Irak, nous lui avons posé quelques questions.

Laurie Druelle de retour de Mossoul détruite par les bombes

Laurie Druelle de retour de Mossoul détruite par les bombes | (c) HI

Quel est ton rôle chez HI?

J’ai commencé en tant que Spécialiste en Éducation aux Risques liés aux mines et aux engins explosifs pour les régions du Moyen-Orient et de l’Asie du Sud-Est mais en ce moment je suis en transition vers un nouveau poste au sein de mon équipe de Réduction de la Violence Armée.

Mon nouvel objectif est de développer de nouveaux projets et former des partenariats, tant locaux qu’internationaux, pour que HI puisse continuer de faire en sorte que de moins en moins de personnes souffrent des conséquences liées aux restes explosifs de guerre et de la violence armée en général.

Tu reviens d’une mission en Irak, qu’est-ce que tu es allée faire dans le pays?

Je suis allée en Irak cet été pour évaluer nos différentes activités d’Éducation aux Risques. Plusieurs décennies de conflits armés font en sorte qu’il y a encore beaucoup de restes explosifs comme des mines antipersonnel, des grenades ou des obus. Avec HI, on veut s’assurer que les populations soient au courant des risques liés à ces objets et on les informe de ce qu’ils peuvent faire en leur présence. L’objectif est de faire en sorte que de jeunes enfants ou toute autre personne ne se blessent pas ou perdent la vie au contact de ces dangereux explosifs. On visite les camps de réfugiés, des villages, des écoles et des lieux communautaires pour faire passer notre message. Avec les enfants, on utilise même des cahiers de coloriage !

En Irak, le projet d'éducation aux risques est supporté par Affaires mondiales Canada.

Immeubles détruits dans la vieille ville de Mossoul Ouest. © Waleed Khaled / HI

Peux-tu nous expliquer comment se déroulent les séances d’éducation aux risques ?

On apporte un grand tableau avec différentes images et messages et, à la fin des sessions, on distribue des brochures spécialement créées pour correspondre à notre auditoire (ex: des dessins pour les enfants et de l’information technique pour les adultes). On explique aux participants ce que sont des engins explosifs, comment les reconnaitre et quels sont les signes qui peuvent indiquer leur présence. On explique que faire en cas d’accident et aussi comment on peut signaler aux autorités locales ou aux organisations de déminage la présence d’objets dangereux.

Il est absolument crucial de bien comprendre comment les mines, restes de guerre et engins explosifs improvisés peuvent affecter les gens de façon bien différente selon leur genre ou leur âge. Nous ne pouvons pas donner les mêmes conseils aux jeunes garçons qui surveillent leurs troupeaux dans les montagnes qu’aux mères de familles qui ont des responsabilités sociales toutes autres et qui ne traversent donc pas forcément les mêmes endroits ou ne rencontrent pas les mêmes types de contamination que ces jeunes hommes au quotidien. Selon les normes et cultures locales, on s’appuie sur les différents groupes pour récolter de l’information complémentaire. Il est important de comprendre que, selon l’âge et le genre des gens, ils seront affectés différemment par cette contamination.

Qui sont les plus à risque ?

Globalement, les hommes et les garçons constituent la grande majorité des victimes directes des mines (86 % lorsque le sexe est connu). Les enfants sont également exposés à un risque disproportionné par rapport aux adultes, représentant 42 % de toutes les victimes civiles dont l'âge était connu, la grande majorité étant encore une fois des garçons. Il est facile de concevoir que les femmes sont tout aussi affectées : que ce soit par le poids économique ou par le stress psychosocial d’avoir à soutenir financièrement les maris ou enfants blessés et s’assurer que le ménage survive à un tel choc, et ce, dans un environnement socio-économique bien souvent difficile.

C’est pour ces raisons qu'HI met en place diverses mesures sensibles au genre dans son intervention, en s'assurant que les équipes HI sont équilibrées en termes de genre pour répondre aux besoins spécifiques de la population cible.

Nos actions
pays
par pays

RELATIONS PRESSE

CANADA

Gabriel PERRIAU

ÉTATS-UNIS

Mica BEVINGTON

 

 

Aidez-les
concrètement

Pour aller plus loin

Une nuit, la vie de Juma a basculé dans le fracas et la terreur
© O. Zerah / HI
Mines et autres armes Réadaptation

Une nuit, la vie de Juma a basculé dans le fracas et la terreur

Grièvement blessé suite à l’explosion de sa maison, Juma, 14 ans, est devenu quadriplégique et souffre de lésions cérébrales suite à une frappe aérienne. Humanité & Inclusion (HI) l’aide à regagner en autonomie.

HI poursuit ses opérations de déminage en Colombie
© Juan Manuel Vargas/HI
Mines et autres armes

HI poursuit ses opérations de déminage en Colombie

Malgré la crise liée au covid-19 et le renforcement de la violence en Colombie, Humanité & Inclusion (HI) poursuit ses activités de déminage.

Sous-munitions : des armes faites pour provoquer des massacres
© D. Kremer / HI
Mines et autres armes

Sous-munitions : des armes faites pour provoquer des massacres

Les armes à sous-munitions ont été utilisées récemment dans la guerre entre l'Azerbaïdjan et l'Arménie. Gary Toombs, spécialiste de la réduction de la violence armée à HI, explique pourquoi cette arme est interdite.