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« J’ai l’impression que l’espoir est mort en Syrie »

Nassrah a 56 ans et vient de Deraa, au sud de la Syrie. Au début du conflit, sa maison a été bombardée. Blessée à la jambe par un missile, elle a du se faire amputer. Appareillée d’une prothèse par Handicap International, elle réapprend désormais à marcher avec l’aide de l’association.

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Nassrah, avec son déambulateur. | © E. Fourt / Handicap International

Assise devant sa caravane, Nassrah accueille Mohamed, kinésithérapeute de Handicap International, qui lui rend régulièrement visite. Elle agrippe son déambulateur, l’invite à entrer chez elle et lui propose un café. Elle retire sa prothèse pour faire les exercices de réadaptation, et raconte : « J’ai perdu ma jambe au début de la révolution. Nous étions assis chez nous, avec mes enfants, quand des tanks sont arrivés et ont commencé à bombarder. Un missile est entré par la fenêtre de notre salon et a atterri sur ma jambe… »

Peu après son accident, Nassrah s’est réfugiée en Jordanie avec une partie de sa famille. « Le reste de mes proches sont éparpillés à travers le monde maintenant. Il y en a en Angleterre, d’autres sont restés en Syrie… Mon unique sœur est encore là-bas... » Elle se met à pleurer et ajoute : « Quand je lui parle au téléphone, elle me dit que la vie y est très dure. Elle sanglote et me conseille de ne pas revenir. J’ai l’impression que l’espoir est mort en Syrie…»

Nassrah sèche ses larmes. Malgré la situation, elle veut continuer de lutter pour se remettre debout. Elle s’applique lors des sessions de kinésithérapie menées par l’association, et essaie de marcher tant qu’elle le peut. « Si je ne rentre pas dans mon pays, j’aimerais partir ailleurs car la vie dans le camp est très dure. Mais je ne partirai pas sans mes fils. La famille qui me reste est la  chose la  plus importante dans ma vie. » La Syrienne aime aussi beaucoup les oiseaux, et elle en élève une petite dizaine à Zaatari. « Dans mon pays, on adore les oiseaux. Prendre soin d’eux est aussi une façon de me sentir chez moi. » 

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