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« J’ai tout le temps du monde désormais »

Réadaptation
Liban

Hani a 35 ans et il est tombé de son toit, il y a quelques années, lorsqu’une explosion a eu lieu près de chez lui, en Syrie. Fuyant l’insécurité et les conflits avec sa famille, il est arrivé au Liban en 2013. Depuis le début de l’année, Handicap International lui propose des sessions de kinésithérapie. L’association est en mesure d’assister des personnes comme Hani grâce au soutien du service de la Commission européenne chargé de l'aide humanitaire et de la protection civile (ECHO), au Liban et dans le reste de la région.

Hani, lors de sa session de kinésithérapie.

Hani, lors de sa session de kinésithérapie. | © G. Vandendaelen / Handicap International

Assis sur son lit, dans la maison qu’il occupe avec son frère et ses parents, Hani accueille Fadia, kinésithérapeute et Mohammad, assistant social. Aujourd’hui, l’équipe de Handicap International lui rend visite pour une nouvelle session de réadaptation. Voici plusieurs années qu’Hani ne peut plus marcher. « J’ai été blessé au début du conflit en Syrie », raconte-t-il. « Ce jour-là, j’étais assis sur le toit de notre maison. L’immeuble voisin a été touché par un bombardement et je suis tombé de cinq étages, sous la force de l’explosion. Ma colonne vertébrale a été touchée et j’ai immédiatement été transporté à l’hôpital. J’y suis resté pendant un an, avant que ma famille et moi ne prenions la décision de partir pour le Liban… ».

Fadia dirige les mouvements de Hani et lui fait faire différents exercices, tandis que le Syrien continue son récit : « Venir ici semblait logique. Avant la guerre, je jouais au football à un haut niveau et je venais souvent au Liban. Plusieurs universités me voulaient dans leur équipe, bien que je ne compte pas parmi leurs étudiants. J’avais trouvé ma vocation et je voulais vivre de ma passion… ». Le regard triste, Hani ajoute : « Je gagnais aussi ma vie en vendant des sucreries. J’étais très occupé et je ne m’embêtais jamais : lorsque je ne travaillais pas, je sortais avec mes amis. Mais aujourd’hui, tout a changé. J’ai tout le temps du monde désormais… »
Mouna, la mère de Hani, semble encore très affectée par ce qui est arrivé à son fils. « Je ne peux pas  penser à son futur… Je suis là pour lui aujourd’hui, mais qu’en sera-t-il dans quelques années ? Je prie sans cesse pour qu’il aille mieux, mais je me fais beaucoup de souci. » Hani commente : « Ma mère est déprimée depuis mon accident, mais j’essaie à tout prix d’aller de l’avant, malgré les difficultés auxquelles je fais face chaque jour. »

Aujourd’hui, l’une des préoccupations majeures de la famille est l’état de ses finances. Hani, son frère et ses parents ne peuvent payer leur loyer que grâce à la générosité des voisins et ils n’ont pas les moyens de financer l’opération dont Hani a besoin. « Ici, nous devons payer pour tout », commente-t-il. « Ce n’était pas le cas en Syrie… Et nous avons dépensé toutes nos économies au cours des dernières années… »

Handicap International, dans le cadre de son intervention d’urgence, s’assure que des personnes comme Hani, puissent avoir accès à de soins gratuits leur permettant de progresser. Depuis le début de la crise syrienne, plus de 135 000 personnes ont bénéficié des services de l’association au Liban. Les professionnels de Handicap International ont notamment dispensé plus de 18 000 sessions de réadaptation dans le pays.  

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