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« J’aimerais aller à l’école »

Urgence
Irak

Il y a deux semaines, Tiba a fui la ville de Mossoul avec sa famille et a trouvé refuge dans le camp de déplacés de Khazer, non loin des lignes de fronts. Handicap International fournira bientôt à la petite fille différentes aides à la mobilité, pour faciliter son quotidien et l’aider à se déplacer.

Tiba, ses grand-parents, son père et ses frères, dans leur tente.

Tiba, ses grand-parents, son père et ses frères, dans leur tente. | © E. Fourt / Handicap Internationa

Dans le camp de Khazer, plus de la moitié de la population est âgée de moins de 18 ans. Aujourd’hui, le soleil brille et les enfants profitent du beau temps pour jouer à l’extérieur, avant les premiers jours d’hiver. Certains se sont fabriqué des cordes à sauter avec des bouts de tissus, d’autres ont inventé un nouveau jeu avec des bouteilles d’eau… Au milieu de cette scène, une petite fille est assise sur une chaise roulante, installée devant sa tente. Tiba arbore un grand sourire lorsqu’elle voit l’équipe de Handicap International se diriger vers elle. Alors que les professionnels arrivent à sa hauteur, elle leur chuchote : « Moi aussi, j’aimerais courir et jouer. Je suis fatiguée d’être assise, je voudrais pouvoir me tenir debout. »

Farez, le père de Tiba, invite l’équipe à l’intérieur de sa tente. Depuis deux semaines, c’est ici qu’il vit, avec ses parents et ses trois enfants. Le père célibataire explique : « Lorsque Tiba est née, nous n’avons rien soupçonné. Elle était prématurée de deux mois, mais elle semblait être en bonne santé et les docteurs ne nous ont rien dit. Lorsqu’elle a eu un an, j’ai remarqué qu’elle n’arrivait toujours pas à se tenir debout. J’ai consulté plusieurs médecins et ils m’ont dit qu’elle ne marcherait pas car elle avait probablement souffert d’un manque d’oxygène, au moment de l’accouchement… La mère de Tiba est partie à ce moment-là. J’étais complètement dévasté. Mais mes parents m’ont aidé à ne jamais perdre espoir et à tout faire pour aider ma fille, au quotidien. »

Alors que le grand-père de Tiba prend la petite fille dans ses bras, Farez se remémore la vie qu’il menait avec sa famille à Mossoul, avant l’arrivée du groupe Etat Islamique dans la ville. « Notre quotidien était relativement normal », raconte-t-il. « Je travaillais comme chauffeur de taxi et faisait mon possible pour subvenir aux besoins de mes enfants et de mes parents. Ma seule préoccupation, à cette époque, était le fait que ma fille ne puisse pas aller à l’école. Aucun établissement ne voulait l’accepter à cause de son handicap. Elle est pourtant très douée et intelligente. » C’est en 2014 que tout a changé pour Farez et ses proches. « Lorsque le groupe Etat Islamique a pris le contrôle de Mossoul, j’ai été envahi par la peur. Plus rien n’était permis et j’étais très soucieux de ce qui allait advenir de mes enfants. J’étais particulièrement inquiet pour Tiba… Notre fuite de la ville, il y a deux semaines, a été une libération pour moi. »

Farez et ses proches sont partis à pieds, poussant la chaise roulante de Tiba pendant un long moment. « Nous nous sommes déplacés de village en village. Nous avions très peur d’être touchés par les tirs qui visaient les gens qui fuyaient », raconte le père de famille. « Dieu merci, nous sommes arrivés jusqu’ici. La vie est dure dans le camp : nous n’avons pas grand-chose à faire à part rester dans nos tentes, et les conditions sont rudes avec l’hiver qui approche… Mais au moins, nous sommes en sécurité. »

Le père de Tiba regarde sa fille, puis ses autres enfants. « Tout ce qui m’importe maintenant, c’est de pouvoir les aider à avoir le meilleur avenir possible. Ici, peut-être que Tiba pourra enfin aller à l’écoleNous lui avons déjà appris à lire et à compter, lorsqu’on était à la maison. » Les professionnels de l’association demandent à la petite fille ce qu’elle voudrait faire comme métier quand elle sera plus grande. « J’aimerais être comme vous et pouvoir aider toutes les personnes de ce camp ! », répond-t-elle en souriant. 

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