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Le courage de Em Mohamad, 40 ans

Réadaptation Urgence

Em Mohamad (40 ans) a été touchée par un bombardement avec le reste de sa famille, l’année dernière Depuis plusieurs mois, Em Mohamad suit des séances de kinésithérapie pour se remettre de sa fracture au bras gauche. Handicap International est en mesure de l’assister grâce au soutien du service de la Commission européenne chargé de l'aide humanitaire et de la protection civile (ECHO) et de son partenaire local, en Syrie.

La blessure d’Em Mohamad.

La blessure d’Em Mohamad. | © Handicap International

« C’était en juillet 2015 », se remémore Em Mohamad, en regardant la cicatrice qui orne désormais le haut de son bras. « À cette époque, nous possédions une petite épicerie dans laquelle je travaillais avec mon fils. Ce jour-là, ma petite fille, Asil, nous avait rendu visite au magasin. Deux autres membres de notre famille étaient également venus discuter avec nous. En milieu de matinée, j’ai entendu un avion s’approcher… » Abou Mohamad ajoute :

« J’étais chez nous, non loin de l’épicerie, et j’ai entendu le même bruit. Le bombardement a commencé et j’ai immédiatement couru vers le magasin. Lorsque je suis arrivé, ils baignaient tous, inconscients, dans une mare de sang. J’ai commencé à crier à l’aide, mais toutes les personnes encore en vie avaient fui. Généralement, un bombardement est suivi d’un second, attaquant les civils venus porter assistance aux blessés et les ambulances. »

Lorsqu’il arrive sur les lieux, Abou Mohamad s’enquière d’abord de l’état de sa petite fille, mais celle-ci est morte sur le coup : un éclat d’obus a touché son cerveau.

« J’ai ensuite couru vers mon fils, Ahmad, mais il avait succombé aux mêmes blessures qu’Asil. Puis, j’ai secouru ma femme et mes deux proches, qui semblaient encore vivants. Je les ai tirés, un par un, jusqu’à la voiture de l’un de mes voisins et j’ai conduit jusqu’au centre de santé le plus proche. Ma femme a alors été transférée vers un autre hôpital, compte tenu de la complexité de sa fracture au niveau du bras. Trois jours après, elle n’était pas remise de sa blessure mais elle a dû rentrer chez nous, l’hôpital n’avait pas les capacités pour accueillir tous les blessés qui arrivaient chaque jour... »

Le plus dur, pour Abou Mohamad, a cependant été d’annoncer à son épouse le décès de leur fils et de leur petite-fille : « Je n’arrivais pas à lui dire la vérité au début, mais avec le temps, je ne pouvais plus lui cacher ce qui s’était passé », confie-t-il. Depuis cet accident, Em Mohamad et son mari survivent comme ils le peuvent. Leur épicerie ayant été détruite par le bombardement, ils n’ont plus de revenus fixes depuis plus d’un an. La zone dans laquelle ils vivent est également privée d’électricité depuis plusieurs mois, ce qui complique encore davantage leur quotidien. « Nous devons, par exemple, laver nos vêtements à la main. Ma blessure m’empêche encore d’exécuter ce genre de tâches simples, mais qui sont, pour moi, très importantes », explique Em Mohamad.

Mais malgré la difficulté de sa situation, Em Mohamad ne désespère pas et elle entame aujourd’hui sa dix-huitième session de réadaptation. Basma, kinésithérapeute, se montre encourageante : « Bien qu’elle ne soit pas encore totalement rétablie, Em Mohamad a déjà fait de gros progrès. Elle peut désormais préparer à manger et laver la vaisselle. Nous travaillons encore sur son renforcement musculaire, mais elle retrouvera bientôt toute sa mobilité. » Em Mohamad esquisse un sourire et partage avec Basma ses projets. Lorsqu’elle sera totalement remise de sa blessure, elle aimerait ouvrir un magasin de vêtements, dans l’espoir d’améliorer les conditions de vie de sa famille au quotidien. 

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