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Les blessures de Sawsan

Irak

En janvier 2017, Sawsan et ses proches ont été touchés par un bombardement à Mossoul, alors qu’ils fuyaient les combats.  Ils ont depuis trouvé refuge à Khazer, l’un des plus grands camps accueillant les déplacés d’Irak. Handicap International y accompagne Sawsan avec des sessions de physiothérapie et de soutien psychologique depuis son arrivée. L’association vient également en aide à d’autres membres de sa famille, qui ont été blessés lors de ce bombardement.

© E. Fourt / Handicap International

Sawsan et Nader, à la fin de la session de physiothérapie. | © E. Fourt/Handicap International

« Lorsque les combats ont commencé dans notre quartier, nous avons immédiatement fui Mossoul », raconte Younes, le père de Sawsan, lorsque l’on rencontre sa famille. « Alors que nous étions presque parvenus à nous échapper, nous avons été bombardés. Ma femme, deux de mes enfants et ma belle-mère ont été touchés par des éclats d’obus. On nous a directement emmenés à l’hôpital le plus proche. Là, on m’a appris que Sawsan souffrait d’une fracture, que son petit frère devait être opéré de la tête, et que ma femme, enceinte lors de l’accident, venait de perdre notre bébé… »

Assise sur l’un des lits dont Handicap International a fait don à la famille, Hanan a du mal à cacher son émotion. Elle se rappelle de ce jour, où elle a fait une fausse-couche mais où sa fille ainée a aussi radicalement changé. « Sawsan n’est plus la même depuis l’accident », explique-t-elle. « Elle est complètement traumatisée. Elle se passe constamment de l’eau sur tout le corps et elle ne supporte plus d’être touchée. Elle a aussi très peur dès que quelqu’un hausse la voix et elle n’interragit pas avec les autres enfants de son âge. Son bras se remettra, mais c’est pour sa santé mentale, que nous nous inquiétons aujourd’hui. » Allongée dans un coin de la tente, Sawsan semble perdue dans ses pensées. Le regard vide, elle se passe un mouchoir imbibé d’eau sur le visage. Pour lui éviter de trop penser, Nader, physiothérapeute, initie avec elle des exercices de réadaptation.

« Handicap International est la seule association qui est venue nous proposer son aide, depuis notre arrivée dans le camp. Heureusement que vous êtes là pour aider ma fille… », s’exclame alors Younes, le père de famille. « En plus des sessions de physiothérapie, nous lui faisons bénéficier de soutien psychologique », ajoute Mohammad, psychologue de l’association. « Lorsque les exercices de réadaptation seront terminés, je la ferai dessiner. Quand elle est occupée à ce genre d’activités, elle oublie ses peurs pendant un instant. Je vois déjà les progrès que Sawsan a fait depuis notre dernière session. »

Younes admet que les deux années passées dans la ville contrôlée par le groupe État Islamique ont aussi beaucoup impacté le mental du reste de la famille. « Des gens étaient éxecutés dans la rue, sous nos yeux. Nous avions tous peur et mes enfants dormaient peu. » Le père de Sawsan la regarde avant d’ajouter : « Je me rappelle encore de notre vie d’avant, elle était tellement heureuse. Aujourd’hui, tout ce qui m’importe, c’est que ma fille puisse se sentir bien à nouveau.»

Nader termine la session de physiothérapie avec Sawsan. Un sourire illumine alors le visage de la petite fille, pendant quelques secondes. « Il lui faudra du temps pour oublier car son traumatisme est profond, mais elle est déjà sur la bonne voie », conclut Mohammad. Alors que son collègue physiothérapeute distribue des aides à la mobilité à la mère et la grand-mère de Sawsan, le psychologue commence l’exercice de dessin avec la petite fille. Comme elle, des milliers d’enfants ont désormais besoin d’un accompagnement psychologique adapté, pour se remettre des évènements des dernières années.

Sawsan et Nader, à la fin de la session de physiothérapie. © E. Fourt / Handicap International

 

La situation à Mossoul

Les combats entre groupes armés et forces gouvernementales en Irak, au cours de ces dernières années, ont engendré le déplacement de plus de 4 millions de personnes. Au total, on estime que 10 millions de civils ont besoin d’une assistance humanitaire dans le pays. Avec l’offensive sur Mossoul, les organisations internationales font face à un défi sans précédent. Selon les Nations unies, cette opération militaire pourrait provoquer, dans le pire des scénarios, la plus grande crise humanitaire de 2017 et le déplacement d’un million de personnes. Près de 200 000 personnes ont fui les combats, depuis octobre dernier.

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