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Les bombardements détruisent des infrastructures essentielles et empêchent de répondre à la pandémie de COVID-19

Mines et autres armes

Alors que la pandémie mondiale vient ajouter aux souffrances causées par les bombardements dans les zones habitées, elle a aussi mis un coup d'arrêt aux négociations internationales pour l’adoption d’une déclaration politique à ce sujet. Les États se sont réunis en ligne le 7 septembre pour le forum « Protéger les civils lors des combats en zone urbaine » afin de ne pas briser l’élan et de réactiver le processus diplomatique.

Opérations de déminage menées par HI près de Misrata, en Libye, en 2019.

Opérations de déminage menées par HI près de Misrata, en Libye, en 2019. | ©T. Mayer / HI

Anne Héry, Directrice du plaidoyer chez HI, explique expose les résultats de cette réunion :

Objectif de la conférence

L’Irlande a organisé une conférence le 7 septembre pour relancer le processus diplomatique visant à élaborer une déclaration politique internationale contre l’utilisation des armes explosives dans les zones habitées. Mené par l’Irlande, ce processus débuté en octobre 2019 a été temporairement interrompu par la pandémie de COVID-19. À ce jour, plus de 70 États ont participé au projet de déclaration politique internationale. La prochaine étape devrait être un dernier tour de négociations qui devrait avoir lieu avant la fin de l’année. La déclaration politique internationale sera ensuite soumise aux États pour ratification lors d’une conférence à Dublin l’année prochaine. Nous saluons les efforts continus de l’Irlande, qui chapeaute le processus diplomatique pour l’élaboration de cette déclaration.

Les bombardements et les pilonnages empêchent les États de réagir à la pandémie de COVID-19

L’actuelle pandémie de COVID-19 montre bien les conséquences désastreuses des bombardements et des pilonnages pour les civils : Dans les pays déchirés par la guerre et les violences armées, tels que la Syrie, la Libye, le Yémen, les systèmes de santé déjà gravement perturbés par les bombardements rencontrent d’énormes difficultés à assurer l’aide médicale et la prévention requises pour venir à bout du virus. L’utilisation d’armes explosives lourdes endommage et détruit les hôpitaux et les autres établissements médicaux, ainsi que les lignes électriques, les conduites d’eau et les réseaux d’assainissement. Alors qu’il est crucial d’éviter la propagation du virus, le manque d’accès à l’eau potable et à l’électricité empêche l’observance des mesures d’hygiène de base, telles que le lavage des mains, ainsi que la diffusion des informations critiques de santé publique par Internet. Les pays touchés par des conflits ne sont pas en mesure de contenir la pandémie actuelle.

Les États doivent s’élever contre l’utilisation des armes les plus destructrices dans les zones habitées.

À ce jour, plus de 70 États ont contribué au projet de déclaration politique. Les arguments et les positions sont divers. Mais nous pensons qu’il y a une norme minimale sur laquelle les États doivent s’entendre. Les États doivent soutenir inconditionnellement l’arrêt de l’utilisation des armes les plus destructrices dans les villes, conformément à l’appel de l’ONU et du CICR de l’année dernière. Beaucoup d’armes explosives à large portée utilisées de nos jours dans les combats en zone urbaine ont été conçues à l’origine pour des champs de bataille ouverts. Des armes inadaptées mettent en péril des quartiers entiers : les systèmes multi-roquettes tirent simultanément sur une vaste zone, les munitions provoquent de grandes explosions et des fragmentations...

Le Secrétaire général des Nations unies et le président du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) ont appelé en 2019 les belligérants à ne pas utiliser d’armes explosives à large portée dans les zones habitées en raison de leurs conséquences dévastatrices pour les civils.

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