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« Lorsque nous avons voulu secourir les blessés, un deuxième bombardement s’est abattu sur nous »

Réadaptation
Jordanie

Loai a été gravement blessé lors d’un bombardement au début du conflit en Syrie. Souffrant encore des séquelles de cette attaque et désormais réfugié avec sa famille en Jordanie, il bénéficie de l’assistance de Handicap International (HI), qui l’accompagne avec des sessions de kinésithérapie. 

Loai dans son jardin. | © Elisa Fourt / HI

Assis au milieu de la cour qui borde sa maison, Loai attend l’équipe de HI. Abdul Rahman et Ibaa, kinésitherapeute et travailleuse sociale, ne se font pas attendre et quelques minutes plus tard, ils arrivent devant chez lui. Ils  saluent chaleureusement le père de famille syrien et celui-ci les invite à pénétrer au sein du petit appartment dans lequel il vit avec sa femme et ses trois enfants. « Ma vie se limite majoritairement à cela », commente-t-il. « Cette petite cour, où je cultive mes plantes, et la maison. Je ne peux pas aller beaucoup plus loin… »

Bien que Loai ait été blessé il y a cinq ans, les sequelles de l’accident sont encore bien présentes. Lorsqu’on l’interroge sur l’origine de ses multiples fractures, le père de famille raconte avec émotion : « C’était en 2012, au début du conflit dans notre pays. Notre quartier était pris dans les combats. Un missile s’est écrasé sur un immeuble et nous avons tous accouru pour secourir les blessés. Mais quelques minutes plus tard, les bombardements ont recommencé. Beaucoup de personnes ont été tuées sur le coup. J’ai survécu mais j’étais gravement blessé. Dès que j’étais de nouveau sur pied, mon épouse et moi avons pris la décision de partir. Vivre dans un tel contexte était trop dur. Je voulais protéger mes enfants de l’horreur de la guerre. »

Abdul Rahman initie une nouvelle session de kinésithkinésithérapie avec le père de famille. Alors qu’il effectue les exercices de réadaptation, celui-continue son récit. « Lorsque nous sommes arrivés en Jordanie, je suis parti effectuer notre engistrement aupres du HCR[1]. Comme j’éprouvais encore beaucoup de difficulté à me déplacer, mon fils m’accompagnait. Un homme m’a vu m’appuyer sur lui et m’a conseillé de vous contacter. Il m’a dit que vous pourriez m’aider. Trois jours plus tard, votre équipe était chez moi. Vous m’avez donné des béquilles, une chaise toilette, tout ce qu’il fallait pour que je puisse vivre ma vie un peu plus facilement et que je sois moins dépendant de ma femme et de mes enfants. Je suis très reconnaissant de tout ce que vous avez fait pour moi. »

Les sessions de kinésithérapie ont été aussi très bénefiques pour le père de famille. « Avant, je ne pouvais même pas me peigner seul. Aujourd’hui, je peux bouger à nouveau. Les exercices sont durs mais je sais que c’est pour mon bien et mes progrès me motivent a continuer. »

Loai espère pouvoir se rétablir complètement de ses blessures et être capable de subvenir aux besoins de sa famille à nouveau. « Dans beaucoup de pays, les gens pensent que les réfugiés aiment rester à ne rien faire, en attendant l’aide des associations. Mais c’est tellement loin de la réalité. Je ne demande qu’à me remettre debout,  pouvoir travailler à nouveau et retrouver un peu de ma dignité. Ces exercices me redonnent espoir et me montrent que ce n’est pas juste un rêve. »

Une fois la sessionde kinésithérapie terminée, Loai retourne s’installer dans la cour de sa maison. Sa femme et ses enfants s’assoient à côté de lui. « On aime passer du temps ici » commente-t-il. « On parle de notre ancienne vie en Syrie constamment, et on regarde les plantes pousser. On pense à l’avenir et au passé. Les deux sont intrinsequement liés. Et on espère qu’un jour, si les choses s’arrangent enfin, on pourra rentrer chez nous. »

 

[1] Haut-Commissariat aux Refugies, entité des Nations Unies en charge d’enregistrer les refugies quand ils arrivent dans un pays. 

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