Go to main content
 
 

Mettre fin aux mines antipersonnel : passer de la parole aux actes

Mines et autres armes

A l’occasion de la Journée internationale de sensibilisation au problème des mines le 4 avril, Handicap International, qui a partagé le Prix Nobel de la Paix en 1997 pour son combat contre ces armes, souhaite rappeler l’ampleur de la tâche et la nécessaire mobilisation de toute la communauté internationale pour combattre ce fléau.

Mines

Sénégal, Programme de lutte anti mines. Démineuse : Elizabeth Sambou. | © J-J. Bernard / Handicap International

10 ans. 10 ans que je rencontre des victimes de mines antipersonnel et autres déchets explosifs de guerre au Laos, au Cambodge, au Liban, en Colombie.

10 ans que je vois les déchirures des corps et des esprits, les voiles qui ne quitteront plus les yeux des mères sans enfants, la colère des communautés qui, en plus de pleurer leurs morts et leurs amputés, vivent au plein milieu de champs de mines.

Amputés, c’est bien le mot. Dans tout ce qu’il a de plus tranchant quand l’explosion perfide vient ravir des jambes, des bras, des yeux.

Amputés, d’un avenir, d’une intimité, du regard et de l’attention des autres.

Amputés, d’une aide qui leur est promise depuis la fin des années 90 mais qui tarde toujours à atteindre les plus vulnérables.

Amputés, d’une sécurité indispensable à tout développement, à tout relèvement. Le temps presse et chaque heure, chaque jour qui passe menace toujours plus d’innocents.

J’étais en Colombie au début du mois de mars. Handicap International y mène des opérations depuis la fin des années 90, notamment un important programme d’assistance aux victimes de mines antipersonnel soutenu par le Canada depuis 2012 et qui vient de se terminer. Puis surtout, Handicap International se prépare à déminer les terres qui seront bientôt rendues accessibles par les Accords de Paix…

Quelques jours passés avec ces survivants et leurs familles, ce n’est pas grand-chose finalement. Et pourtant, j’en reviens rempli d’autant de joie que de colère, de rires que de larmes.

Comment admettre que de vieilles bouteilles de soda et des seringues se transforment en pièges explosifs et menacent des villages entiers ? Comment accepter que les blessés puissent mettre 8 heures pour atteindre le premier service d’urgence ? Comment supporter que les services auxquels ont droit les survivants ne soient accessibles qu’à un petit nombre ? Comment comprendre que derrière la carte postale se dissimule des centaines de milliers de monstres en attente de leurs proies, faisant de la Colombie le 2ème pays le plus pollué après l’Afghanistan ?

Ceux qui vivent cette horreur ont pourtant transformé leur colère en énergie. « Gracias a Dios, au Canada et à Handicap International », ils sont debout, retournent à l’école, sont référés vers les services existants, connaissent leurs droits, apprennent un nouveau travail, démarrent une nouvelle activité économique et pour certains, deviennent démineurs… Puis ils parlent, témoignent, réclament.

Car pour eux, les promesses ne suffisent pas. Ils savent ce que ça coûte de poser une prothèse, ce que ça coûte de recevoir des soins de physiothérapie, ce que ça coûte de suivre des formations professionnelles, ce que ça coûte d’éduquer les communautés aux risques des mines, ce que ça coûte de déminer un territoire à 10 heures de marche de la première route asphaltée ou simplement de l’autre côté de la clôture de l’école…

Ils savent surtout ce que ça épargne : des vies brisées, des drames, des avenirs mutilés et leurs lots d’angoisses.

Alors, qu’ils soient de Colombie, de Syrie, du Yémen, du Sénégal, d’Irak, d’Ukraine, du Cambodge… ce que veulent ces gens, c’est simplement que nous passions tous de la parole aux actes. Pour vivre enfin dans un monde sans mines.

Et quand mes yeux se plongent au plus profond des leurs, je peux vous assurer que rien ne saurait mettre en doute cette responsabilité qui est la nôtre.

À quoi bon servirait notre humanité sinon ?

 

Jérôme Bobin
Directeur général
Handicap International Canada

Nos actions
pays
par pays

RELATIONS PRESSE

CANADA

Gabriel PERRIAU

ÉTATS-UNIS

Mica BEVINGTON

 

 

Aidez-les
concrètement

Pour aller plus loin

30 000 personnes tuées ou blessées par des armes explosives en 2019
© P. Houliat / HI
Mines et autres armes Urgence

30 000 personnes tuées ou blessées par des armes explosives en 2019

Le partenaire de HI, Action On Armed Violence (AOAV), publie son bilan sur  les victimes des armes explosives en 2019.

Grièvement blessée lors d’une attaque aérienne, Hala reprend peu à peu la marche de sa vie
© ISNA Agency / HI
Mines et autres armes Réadaptation

Grièvement blessée lors d’une attaque aérienne, Hala reprend peu à peu la marche de sa vie

Hala, 4 ans, n’a plus qu’une jambe. Elle est l’une des victimes récentes des bombardements qui dévastent son pays, le Yémen, tout comme sa cousine, Erada, 8 ans, qui jouait avec elle lorsqu’un avion a largué un obus sur leur quartier alors qu’elles jouaient au bas de leur maison.

Entrevue avec Laurie Druelle, Responsable des partenariats pour la Réduction de la Violence Armée
(c) HI
Mines et autres armes

Entrevue avec Laurie Druelle, Responsable des partenariats pour la Réduction de la Violence Armée

Laurie Druelle est Responsable des partenariats pour la Réduction de la Violence Armée. Ayant rejoint HI en mars 2019, Laurie supervise depuis lors les activités d'éducation aux risques au Moyen-Orient et en Asie du Sud-Est. Fraîchement revenue d'Irak, nous lui avons posé quelques questions.