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« Qu’a-t-il fait pour mériter ça ? »

Réadaptation
Syrie

Fayez a été victime d’un attentat-suicide en Syrie cette année. Lui et ses parents ont depuis trouvé refuge au Liban. Partiellement paralysé à son arrivée dans le pays, le petit garçon a été pris en charge par une équipe de Handicap International (HI), qui lui a fait bénéficier de soins de kinésithérapie.

Fayez, lors de sa session de réadaptation avec Mariam. | © Elisa Fourt / HI

Aujourd’hui, Mariam, kinésithérapeute, vient rendre visite à Fayez, l’un des bénéficiaires les plus récents des activités de l’association. Le petit garçon et ses parents ont trouvé refuge au Liban il y a juste quelques mois, après plusieurs années passées en Syrie, au cœur de la guerre. Arrivée chez Fayez, la kinésithérapeute de l’association le prend dans ses bras et initie une nouvelle séance de réadaptation dans le salon familial. Noor, la mère de Fayez, regarde avec attention les gestes effectués par Mariam. Au milieu de la session, le père de Fayez les rejoints dans le salon. Il regarde son fils en souriant, heureux des progrès qu’il a fait depuis son arrivée dans le pays.

La route de Fayez et sa famille jusqu’au Liban a été longue. Ils ont été victimes de plusieurs attaques et ont du se déplacer plusieurs fois en Syrie, depuis le début du conflit. Noor raconte : « Au début de l’année, un missile s’est abattu sur notre maison et a touché mon oncle, mon mari et mon beau-frère. Après ça, nous avons trouvé refuge à Damas, chez ma famille. Nous voulions que mon mari puisse s’y faire soigner. Mais une fois que nous étions là-bas, la seconde attaque a eu lieu. Un jour, un homme vêtu d’un habit militaire s’est fait exploser à côté de nous. Impossible de retrouver les enfants… Je ne voyais que du sang autour de moi, un bain de sang. Les gens avaient été projetés en arrière à cause de l’explosion, il y avait des bras et des jambes séparés des corps. Nous avons commencé à chercher mes fils et on ne les trouvait pas. Des personnes nous ont aidés et nous les avons finalement retrouvés à l’hôpital. »

Fayez, leur fils ainé, est gravement blessé. Des éclats d’obus se sont incrustés dans son cerveau et il est partiellement paralysé. « Nous sommes venus au Liban pour qu’il puisse recevoir des soins car en Syrie, nous avions tout perdu. Et puis, la situation là-bas était devenue insoutenable. Les attaques et les bombardements étaient constants, nous n’étions en sécurité nulle part et c’était extrêmement compliqué de fuir… » Peu après leur arrivée dans le pays, les parents de Fayez entendent parler de Handicap International (HI).  Une équipe de l’association vient rencontrer leur fils et commence les sessions de kinésithérapie. « Il va mieux depuis », indique Noor en souriant. « Lorsque nous sommes arrivés, il ne pouvait ni parler, marcher ou même se tenir debout. Aujourd’hui, il a encore du mal à s’exprimer mais au moins, il bouge à nouveau. »

Les progrès de Fayez redonnent un peu d’espoir à ses parents, qui ont du mal à accepter leur situation de réfugiés, au Liban. « On vivait si bien en Syrie il y a encore quelques années. C’est vraiment dur de se faire à l’idée que nous avons tout perdu. Avant la guerre, nous ne manquions de rien et on menait une vie normale et paisible. On allait au travail, on avait une belle maison… Je ne sais pas si ça redeviendra un jour comme ça. Mais je l’espère pour lui… », soupire le père de Fayez, en regardant son fils faire ses exercices.

Alors que la session touche à sa fin, Noor conclue : « Mon fils n’a que trois ans… Et il a été victime de deux explosions au cours de cette année. Il est maintenant réfugié dans un pays qu’il ne connait pas... Dites-moi, qu’a-t-il fait pour mériter ça ? Tout ce qui m’importe aujourd’hui, c’est d’essayer de lui garantir un bel avenir. Et j’espère aussi qu’on pourra bientôt rentrer dans notre pays. Je rêve chaque jour que l’on puisse retrouver notre vie d’avant. Et que mon fils puisse grandir heureux, comme tous les autres enfants. C’est vraiment tout ce que je souhaite aujourd’hui. » Fayez s’installe sur les genoux de sa mère, comme pour la réconforter. Elle lui caresse les cheveux et essuie une larme, silencieusement. 

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