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Répondre aux besoins physiques et psychologiques des réfugiés en Ouganda

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Ouganda

Interview avec Meryll Patois, experte en réadaptation pour HI en Ouganda

Tabitha, 8 ans, reçoit des nouvelles béquilles pour l'aider à se rendre à l'école à pied. Camp de réfugiés d'Omugo, mai 2018

Tabitha, 8 ans, reçoit des nouvelles béquilles pour l'aider à se rendre à l'école à pied. Camp de réfugiés d'Omugo, mai 2018 | © M.Sigonney / HI

Pourquoi était-il important pour HI de mettre en place des activités de réadaptation destinées aux réfugiés en Ouganda ?

HI a souhaité mettre en place des activités de réadaptation afin de répondre aux besoins considérables liés au type de conflit auquel sont confrontés les réfugiés sud-soudanais. Il n’existe pour l’instant aucun autre service de réadaptation au sein du camp. HI est la première organisation à fournir ce type de service.

L’impact de la violence du conflit se marque sur les bénéficiaires : leurs corps sont marqués. Certains ont souffert de violences extrêmes et n’ont eu accès à aucune prise en charge médicale, parfois pendant longtemps. Ils ont dû continuer à vivre avec leurs blessures, qui se sont donc aggravées.

Quels sont les profils des personnes aidées par HI ?

De nombreux bénéficiaires présentent des fractures et des blessures par balle. Beaucoup ont dû s’enfuir suite à une attaque nocturne. La plupart d’entre eux ont marché pendant des jours dans des conditions extrêmement difficiles sans avoir accès à aucune prise en charge médicale. Beaucoup de bénéficiaires présentent des complications découlant de lésions simples qui auraient pu être traitées rapidement si elles avaient été prises en charge à un stade précoce. Une fracture, par exemple, peut entraîner des complications susceptibles de générer un handicap.

Quelles sont les modalités d’intervention de HI dans les camps de réfugiés en Ouganda ?

HI adopte une approche ‘intégrée’ : nous avons une vision globale de chaque bénéficiaire que nous rencontrons. Par exemple, une mère qui a une jambe cassée ne peut plus marcher, ce qui l’empêche d’aller acheter de la nourriture au marché ou de travailler pour subvenir aux besoins de ses enfants. Elle peut également souffrir d’un traumatisme psychologique. Dans ce cas, notre équipe lui fournit bien évidemment des services de réadaptation, mais également un accompagnement psychologique et une protection, et l’oriente vers d’autres organisations afin qu’elle puisse accéder à tous les services dont elle a besoin pour pouvoir s’intégrer dans la communauté.

Notre équipe évalue également si les personnes blessées ou handicapées peuvent être prises en charge par un accompagnant. Le cas échéant, nous formons chaque accompagnant pour qu’il sache comment aider son ami / son voisin / son proche. Nous observons une grande solidarité au sein des camps. Les voisins s’entraident, même s’ils ne se connaissent que depuis leur arrivée. Nous nous appuyons sur ces liens humains pour veiller à ce que les bénéficiaires reçoivent toute l’aide dont ils ont besoin.

Par exemple, l’une de nos bénéficiaires, Béatrice, est une petite fille de 10 ans que la poliomyélite a paralysée des deux jambes. Elle ne peut pas marcher. Nous lui fournirons un fauteuil roulant pour aller à l’école et nous expliquerons également à sa mère comment l’aider en lui faisant faire des exercices tels que des étirements.

Comment les patients peuvent-ils accéder aux services de réadaptation de HI au sein du camp de réfugiés ?

HI dispose d’un centre de soins dédié aux services de réadaptation au sein du camp, mais également d’équipes mobiles de kinésithérapeutes qui vont à la rencontre des personnes les plus vulnérables, cantonnées à leur abri.

Au cours de chaque séance de réadaptation, les kinésithérapeutes de HI s’attachent à travailler la mobilité afin d’aider les bénéficiaires à se rétablir. Si cela s’avère impossible, l’équipe de HI fournit aux bénéficiaires des aides à la mobilité visant à améliorer leur vie quotidienne (béquilles, fauteuil roulant, etc.).

Comment identifiez-vous les personnes ayant besoin d’aide au sein du camp de réfugiés ?

Nous disposons d’une équipe de protection qui parcourt le camp et identifie les personnes les plus vulnérables, ainsi que leurs besoins.

Nous nous appuyons également sur les volontaires communautaires de HI, qui sont eux-mêmes réfugiés et qui connaissent très bien la communauté.

Certains bénéficiaires nous sont également adressés par des ONG partenaires comme Save the Children et International Rescue Committee (IRC).

Les personnes qui ne peuvent pas se déplacer et accéder aux services dont elles ont besoin parce qu’elles ne peuvent pas quitter leur abri sont confrontées à une grande injustice. HI vient en aide aux personnes les moins visibles, qui sont souvent exclues de l’aide humanitaire.

Ces personnes sont involontairement oubliées et notre rôle consiste à veiller à ce qu’elles reçoivent toute l’aide dont elles ont besoin. Malheureusement, aujourd’hui encore, beaucoup de personnes ont encore besoin d’une telle aide

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