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Témoignage de Kanha, 14 ans

Mines et autres armes Réadaptation
Cambodge

« Mon nom est Kanha. J'avais 8 ans quand l'accident est arrivé. Alors que ma mère travaillait dans sa petite épicerie, mon père, dans le jardin de la maison, était en train de manipuler un obus qu'il venait d'acheter chez un ferrailleur. Il voulait récupérer le métal pour le revendre. Je l'observais, assise sur les escaliers, quelques mètres plus loin. C'est alors que j'ai entendu un grand bruit et j'ai juste eu le temps de comprendre que l'engin venait d'exploser. Ensuite, je ne me souviens plus de rien. »

Kanha joue avec ses amis, Cambodge

Kanha joue avec ses amis, Cambodge | © Eric Martin / Figaro Magazine / HI

« Mon père est mort sur le coup. Je me suis réveillée à l'hôpital où l'on m'a expliqué qu'il avait fallu couper ma jambe. Je suis restée plusieurs mois à l'hôpital. C'était long et douloureux. Quand je suis sortie, je ne pouvais plus marcher.

 

Plus tard, on a conseillé à ma maman de m'emmener au centre de réadaptation géré par Humanité & Inclusion (HI), à Kampong Cham, à une heure et demie de mon village. L'association m'a fabriqué une prothèse sur mesure, dans son atelier. J'ai suivi des séances de rééducation pour réapprendre à marcher. Maintenant, je retourne trois fois par an au centre pour être suivie et pour changer ma prothèse. Comme je grandis vite, j'en ai déjà reçu six !

 

Petit à petit, j'ai retrouvé une vie normale. Avec ma prothèse, je peux me rendre à l'école tous les jours et participer aux mêmes activités que mes copains. C'est important pour moi de suivre les cours car j'aimerais un jour devenir infirmière ou médecin pour soigner les autres. »

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